Pingouin Tropical

2011-13

 
 

Le prix catalogue d’un bateau neuf ne veut pas dire grand chose. C’est un peu comme si vous achetiez une voiture pour une somme donnée mais qu’il vous était ensuite expliqué que : il faut aller chercher la voiture à sa sortie d’usine en Roumanie, les roues ne sont pas livrées avec, le moteur est un moteur dit «de convoyage» (c’est à dire qu’il  sert à déplacer la voiture de l’usine à votre domicile avant de rendre l’âme), il n’y a pas de compteur ni rien d’électronique, il n’y a pas non plus les ceintures de sécurité bien qu’elles soient obligatoires, et je ne vous parle même pas du frein à main.

 

Le vrai prix du bateau

P€NN GW€N

Bref, une bonne partie de ce qui est annoncé par les chantiers comme une «option» est en fait un pré-requis à la navigation. Je distinguerai donc dans ma valse des étiquettes ce qui relève d’une simple coquetterie de ma part de ce qui est indispensable à bord.

Tous les prix qui suivent sont TTC.

Bateau seul

> 206 900 € (version bi-quilles mono-safran)

Indispensable à la navigation

> Voiles (sans blagues, ...) : 11 840 € (GV, Génois, Trinquette)

> Réservoir à eaux noires : 400 € (Imposé par la législation, donc certainement pas une option)

> Girouette Windex : 70 €

> Loch / Sondeur / Girouette-Anémomètre : 2 880 € (le minimum, sinon le bateau est aveugle)

> GPS : 680 € (au XXIème siècle, cela ne relève plus de la coquetterie, mais de la sécurité)

> Armement de sécurité : 3 200 € (imposé par la législation)

> Mouillage / Amarrage : 1 852 € (le «frein à main» de la voiture, encore une vraie-fausse option)

> Lignes de vie : 75 € (obligatoires, mais surtout INDISPENSABLES)

> Antifouling : 600 € (sauf si vous avez l’intention de faire un élevage sous la ligne de flottaison)

> Transport, mise à l’eau, mâtage : 4 550 €

Les «fausses» options de navigation s’élèvent donc à 26147

Bateau minimum prêt à naviguer

Nous arrivons donc à la coquette somme de 233 047 €  pour un bateau dans son élément, conforme à la législation, prêt à naviguer même s’il n’est pas encore considéré comme «GRAND-CROISIÈRISÉ»

A ce prix là, vous disposez désormais d’une superbe Rolls avec le niveau d’équipement d’une LADA. Ca n’empêche pas de très bien rouler ni de se faire plaisir au volant, mais ...

Les coquetteries de la «grande croisière»

Les côtes s’éloignent, les pontons et les prises de quai également, les jours et les nuits se passent en mer,  nous sommes seuls au milieu de l’eau, en totale autonomie avec nos deux enfants.

Est-ce cette peur de l’inconnu qui force à rallonger la liste des équipements ? Ou tout simplement un peu de prudence et de responsabilité ?

Quelles que soient les raisons, bonnes ou mauvaises, le budget enfle pour répondre à nos exigences supposées. Et encore, j’estime avoir su résister à la course à l’armement (pas de sur-enchère au niveau électro-ménager ni débauche d’électricité ou d’eau... nous ne sommes plus à la maison non plus).

> Stratification de la coque avec tissus Kevlar et verre + époxy : 6 400 € (ce n’est pas de l’aluminium, mais au vu des innombrables OFNIs qui peuplent l’océan, cette protection reste sans doute un peu plus que psychologique. La tranquillité de l’esprit n’a pas de prix, surtout si le chantier vous propose 30% de réduction sur l’option afin de vous aider à franchir le pas)

> Pilote automatique Raymarine SPX30 : 5 615 € (c’est le troisième équipier à bord. Infatigable, il vous fera traverser l’Atlantique tant que vous daigneriez le nourrir de vos précieux ampères )

> Enrouleur de trinquette : 860 € (pour éviter d’aller faire le zèbre sur la plage avant au plus mauvais moment)

> Gréement de spi symétrique avec accastillage : 1 200 € (parce que «tangonner» le génois ou la trinquette dans les alizés au portant est un acte de confort dont il serait dommage de se priver)

> Genaker + emmagasineur : 4 706 € (polyvalence par petit temps et simplicité de mise en oeuvre en font une voile que nous avons su apprécier à sa juste valeur sur notre ancien OVNI 345. La toile préférée de ma femme...)

> Pontet de bôme supplémentaire devant hale bas  : 80 € (pontet destiné à accueillir le «frein de bôme» Walder dont je vous parlerai plus tard)

> Renfort GV au niveau des barres de flèche : 300 € (les barres des flèches des RM sont très poussantes et peuvent se montrer agressives aux allures portantes. Sur une transat, le risque d’un désastre n’est pas à écarter. Alors «trop» n’a jamais manqué)

> Portique : 4 430 € (destiné à accueillir les panneaux solaires et les bossoirs pour suspendre l’annexe et son moteur. Intégré par défaut à chaque OVNI de chez ALUBAT, cet accessoire nous a convaincu pendant les trois saisons sur notre ancien bateau. Il fera donc parti du voyage, malgré son prix. Fabriqué chez ASMER pour FORA MARINE, il est plutôt bien fini et ne nuit pas trop au look de «racer» du RM 1200. Evidemment les puristes trouveront à y redire, mais deux ans de soleil et deux ans à remonter chaque soir l’annexe pour éviter de nous en faire déposséder sont des faits que nous ne pouvons ignorer)

> Tableau arrière basculant : 1 450 € (les RM ont un cockpit entièrement ouvert sur l’arrière, à la manière des bateaux de course. C’est une coquetterie dans l’air du temps, typique des architectes français. Elle ne se justifie pas vraiment en grande croisière même si elle permet une évacuation rapide des vagues du cockpit. Avec des enfants à bord, la sagesse plaide pour un tableau arrière. Ce dernier est basculant, afin de faciliter la vie au mouillage)

> Pompe à main eau douce / eau de mer cuisine : 300 € (l’eau de mer permet d’économiser l’eau douce des rservoirs pour le nettoyage avant rinçage. La pompe manuelle pour l’eau douce permet d’économiser l’électricité ainsi que de continuer à accéder à l’eau des réservoirs même en cas de panne des pompes électriques. Nous restons donc ici dans le domaine de la sécurité et de l’autonomie plus que dans celui du confort)

> Batterie supplémentaire 100Ah avec bac et connexions x 2 : 720 € (le bateau possède par défaut deux batteries de servitude de 100Ah et une batterie moteur. Impossible d’être autonome avec si peu de réserve. Nous avons donc rajouter deux batteries de servitude, ce qui monte le parc de service à 400 Ah. Ce n’est pas l’orgie et il faudra savoir se montrer économe mais c’est raisonnable, surtout que ce sont des batteries modernes au gel qui supportent bien la décharge)

> Circuit 220 V complet avec chargeur 50A-3S : 1 740 € (je ne l’ai pas mis dans l’équipement minimum du bateau mais sans cela, impossible de recharger les batteries à quai)

> Eclairage intérieur (x22) + liseuses (x4) à LED : 850 € (désormais l’éclairage n’est plus un problème. Une lampe à LED consomme tout simplement 10 fois moins qu’une lampe classique. Quand la lumière disparait pratiquement du bilan énergétique du bateau !)

> Feux de tête de mât à LED : 160 € (même remarque qu’au dessus. Que nos nuits soient douces !)

> Panneaux solaires (2X100W) : 2 578 € (parce que loin des marinas mais heureusement sous les tropiques, il faut autre chose que le seul moteur pour recharger nos batteries. Ce sera sans doute insuffisant en navigation, mais ça reste un bon compromis fiabilité/rendement/prix/bruit/entretien)

> Prise allume cigare étanche extérieur sur façade électronique : 75 € (pour brancher notre GPS cartographique Garmin portable hérité de nos anciens bateaux)

> 2 liseuses cabine arrière (type RM 1350) : 180 € (parce que nous prévoyons de séparer de temps en temps la cabine arrière en deux via une cloison de toile amovible, chacune des liseuses concernera un des enfants).

> Toile épaisse de séparation cabine arrière : 140 € (pour que durant la nuit, chacun des enfants puisse avoir son espace délimité et protégé malgré l’unique mais très spacieuse cabine arrière)

> Lazy Bag  : 1 365 € (pour ranger et protéger la Grand Voile. Là encore ce n’est pas un luxe et devrait pratiquement faire partie de l’équipement minimal du bateau)

> Protections de hublots de roof en grille PVC  : 700 € (les RM ont un roof panoramique absolument fabuleux qui, de la table à carte ou de la cuisine, procure une vue à 180 degrés sur la mer véritablement magique en plus d’être très pratique en navigation. Mais sous les tropiques, les hublots de ce roof peuvent transformer le bateau en fournaise sans compter les agressions des UVs. Alors ces grilles en PVC qui se fixent via des pressions à l'extérieur sont tout à la fois des ustensiles de longévité et de confort)

> Capote de roof  : 1 780 € (pour se protéger du vent et des embruns. Offre un confort à la mer par tous les temps rapidement indispensable. Une légende raconte que le roof panoramique du RM 1200 est si pratique qu’il permet de se dispenser de cette capote. Je n’ai pas vraiment envie de vérifier en plein milieu de l’atlantique si la légende dit vraie)

> Stores roulants sur panneaux plat (12 pièces)  : 1 200 € (les courageux prennent leurs petites mains, leurs petits tissus, leurs petites aiguilles et puisent dans leur énergie pour se confectionner des rideaux. Mais notre calendrier de tâches est déjà passablement encombré. Alors nous nous autorisons un peu de ce superflu qui nous donne une bouffée d’oxygène...)

> Sac à drisses en pied de mât  : 120 € (un bateau où «tout est clair» est un bateau sûr. Un simple bout qui traine peut vous mener à la catastrophe. Les spaghettis sont dans les assiettes et non sur le pont)

> Bimini  : 2 450 € (c’est la toile qui protège la terrasse, pardon le cockpit. Sous les tropiques, c’est aussi indispensable que la veste de quart en Bretagne. Il est possible de se la jouer «vieux loup de mer» sans avoir ni le visage ni le crâne dévorés par le soleil)

> VHF Navicom RT650 + option MOB + Antenne + pose  : 940 € (la VHF est un instrument de sécurité sur lequel je ne veux pas m’étendre. Ma femme et moi possédons notre CRR et sommes habilités à nous en servir autrement que les neuneus du 15 Août sonnant le ralliement sur le canal 16 en vue d’une beuverie sur la plage. L’AIS est notre troisième oeil même s’il ne remplace pas la veille. Quant à l’option MOB - un bracelet qui déclenche une alerte si l’équipier de veille le portant à son poignet tombe à l’eau -, il laisse dormir avec plus de sérénité l’équipier qui n’est pas de quart)

> Autoradio MP3 CD Tuner, 2 HP int., 2 HP ext.  : 605 € (vivre sans musique est sans doute faisable. Mais est-ce vraiment souhaitable ?)

> Télécommande sans fil S100  : 624 € (il s’agit d’une télécommande sans fil pour le pilote automatique. Elle permet donc de contrôler le bateau de l’intérieur de celui-ci. Je vois cela comme une sécurité autorisant par mauvais temps à rester manoeuvrant sans avoir à s’exposer dans le cockpit. Le roof panoramique de Penn Gwen permet parfaitement de «barrer» de l’intérieur puisque la visibilité, tant sur les voiles que sur la mer, est excellente).

Le coût total de nos options orientées «grande croisière» est donc de : 41 568


Coût total de Penn Gwen

> 233 047 € + 41 568 = 274 616

Le chantier nous a comme convenu accordé une remise de 30% sur la stratification kevlar (1920 € de gagner), ce qui nous a mis finalement le bateau à 272 695 €.

Attention, la somme du dessus correspond uniquement à la somme que nous réglons à Fora Marine. La danse des chiffres n’est pas encore terminée.

Le reste des équipements du bateau

D’abord, il y a ce que nous possédons de nos bateaux précédents, en particulier les gros postes suivants:

> Annexe Caribe en hypalon  : 2 000 €

> Moteur hors-bord 4 CV Yamaha : 1 000 €

> Les bossoirs pour suspendre l’annexe au portique  : 200 €

> Ancre SPADE 20 Kg : 700 € (sans doute la meilleurs ancre du monde, et même si ce n’est pas vrai nous lui faisons confiance et elle nous le rend bien)

> GPS Garmin portable  : 350 € (avec accessoire mais sans cartographie)

> Cartographie Garmin «Blue Chart» pour le GPS précédemment cité : environ 1 000 € (notre zone de navigation sur les deux ans à venir nécessite 5 cartes Garmin pour être couverte, à savoir -1- l’Europe, -2- l’Afrique, -3- Le Brésil jusqu’à Trinidad et Tobago, -4- les Antilles, -5- les US)

Ensuite il y a ce que nous achetons hors chantier:

> Le frein de bôme Walder  : 450 € (pour limiter les empannages intempestifs au portant)

> La balise de détresse  : ~ 600 €

> Le téléphone satellite + unités de communication : ~ 1 500 €

> L’iPad + accessoires + iNavX + la cartographie Navionics  : ~ 1 000 €

Et la liste s’allongera peut être encore un peu avant le départ.

En tout, on approchera des 10 000 euros.